Le look des bureaux de demain
© Victor Torres / Stocksy United

À quoi ressembleront les bureaux de demain ?

Ces dernières années, le monde de l’entreprise n’en finit plus de se réinventer, comme ses bureaux. Pour les cabinets de design et d’architecture, c’est une véritable course à l’innovation. Et pour cause, le défi du moment est de taille : anticiper notre façon de travailler dans l’avenir.

Dans les entreprises du monde entier grandit la volonté de repenser totalement la façon de travailler ensemble, en délaissant les anciens codes au profit d’une entreprise plus libre… tout du moins en apparence. Télétravail, open-space et nouvelles technologies : bienvenue dans le bureau du futur.

 

Un coup d’avance

Beaucoup d'entreprises rêvent de se positionnier en pionnier sur les nouveaux modes de travail. En effet, l’attractivité d’une entreprise repose de plus en plus sur sa façon de faire travailler ses salariés, et notamment la nouvelle génération. Avec 93% des jeunes actifs qui ne souhaitent plus d’un bureau classique, il faut redoubler d’ingéniosité pour attirer les nouveaux talents.

De nombreuses sociétés l’ont déjà compris : elles se servent de leurs locaux et de leurs nouveaux modes de travail comme moyen de communiquer auprès de leurs potentiels futurs employés. Premiers en tête, les GAFA : sur le devant de la scène depuis plusieurs années, ces géants du web (Google, Apple, Facebook, Amazon) n’en finissent plus de communiquer sur des espaces toujours plus design, jeunes et branchés. Mais pas besoin d’être Google ou Facebook pour être dans la course. Chez l'agence de design Saguez & Partners, par exemple, on a développé des bureaux sur le principe de « l’activity-based working » : l’attribution de son bureau se fait en fonction des usages et non de la hiérarchie.

Thibault Lanthier, cofondateur de MonDocteur, a lui opté pour un univers plus cosy. « Nous avons volontairement opté pour une décoration et une organisation de l’espace “comme à la maison” afin de casser l’aspect “bureaux” et de gommer la dichotomie vie professionnelle/vie personnelle » explique-t-il dans l’étude « Travaille-t-on (vraiment mieux) dans la French Tech ? ».

Chez l'agence de publicité BETC, le pari fut plus risqué : l’agence dont les locaux étaient jusqu’à l’année dernière dans le cœur de Paris, a choisi de s’installer à Pantin, en banlieue. Elle a saisi cette opportunité pour mettre en place le principe de « bureaux libres » : du stagiaire au patron, plus personne n’a de bureau attitré. Chacun s’installe selon l’envie, à l’endroit où il le souhaite… et où il y a de la place.

 

BETC

Chez BETC, plus de bureaux fixes : chacun choisit sa place. Photographie : David Abittan

 

Du travail qui n’en a pas l’air

Babyfoot, ping-pong, cours de guitare et même potagers : les entreprises rivalisent d’ingéniosité pour surprendre leurs salariés. C’est même récemment devenu un métier. Le « chief happiness officer », chargé de la bonne ambiance, n’est pas seulement là pour amuser la galerie. Son but est aussi d’éviter le trop grand turn-over et le départ des talents (vers la concurrence, par exemple).

On pourrait presque penser que les sociétés cherchent à noyer le poisson : entre la salle de sport, l’atelier petit déjeuner, la salle d’exposition et les massages sur place, l’entreprise deviendrait presque une seconde maison. Des bureaux où l’on travaille de moins en moins, mais où on reste de plus en plus. Certaines favorisent même la sieste, avec des espaces dédiés. Cela peut paraître contradictoire, mais ça ne l’est pas du tout : ce qui est bon pour l’employé est bon pour l’entreprise. En effet, une sieste de 26 minutes augmenterait d’environ 35% la productivité et la créativité. Il n’y a donc plus à se sentir coupable…

 

Devoirs à la maison

En parallèle des bureaux dans lesquels on peut faire un petit somme, une contre-tendance se développe. Le télétravail occupe en effet de plus en plus le quotidien des salariés. Le reflet d’un besoin croissant de trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle pour les employés, mais aussi la possibilité de travailler dans un environnement qui leur correspond totalement, à l’opposé du principe de bureau libre, complètement dépersonnalisé. Dernier point en faveur du télétravail : la possibilité d'économiser sur le temps de transport maison-travail aller et retour et de le consacrer à plus de travail, à un travail différent, ou à plus de développement personnel.

 

Mon bureau, c’est le monde

On comprend donc qu’aujourd’hui, les frontières entre vie perso et vie pro sont de plus en plus floues : on fait son sport et son potager au bureau, et on travaille à la maison le lendemain. Les entreprises apportent de plus en plus de services et d’expériences annexes, que l’on vit normalement hors de son lieu de travail. À l’opposé, on remarque une envie de plus en plus forte de retrouver son propre territoire et de regagner du terrain avec le télétravail.

Et cette dualité est une bonne chose : avec Internet et la facilité de travailler de son bureau comme de l’autre bout du monde, le travail trouve une nouvelle liberté. Les nouveaux moyens de communication, de plus en plus performants, permettent même de faire une réunion à plusieurs, de façon très simple, chacun d’un endroit différent.

Cette liberté, le cabinet de designers français Leet Design l’ont bien compris en créant la E-bulle. Une nouvelle sorte de bureau « nomade et connecté », qui permet de « travailler tranquillement, n’importe où, n’importe quand ». Son but : s’inviter très prochainement dans les entreprises, pour offrir une zone de calme au milieu de l’agitation, à la façon d’une cabine téléphonique. Ou s'inviter ailleurs ! Rendez-vous à l’aéroport de Lyon si vous souhaitez déjà l’essayer…

 

La E-bulle, présentée lors du salon VivaTech - Crédits : PMI / Leet Design

La E-bulle, présentée lors du salon VivaTech – Crédits : PMI / Leet Design

 

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