Après le burn-out et le bore-out, voici le brown-out
© Wolfgang Lienbacher / Stocksy United

Après le burn-out et le bore-out, voici le brown-out

Après le burn-out (s’épuiser au travail) et le bore-out (mourir d’ennui au bureau), voici le brown-out (traduit littéralement par "baisse de courant"), une nouvelle pathologie liée au milieu professionnel qui emmène de nombreux salariés vers les cabinets des psychologues.

Qu’est ce que le brown-out ? C’est le sentiment d’être inutile face à une submersion de tâches absurdes et répétées. C’est la difficulté de trouver ses valeurs dans des méthodes que l’on n’approuve pas et que même un salaire ne suffit plus à combler. C'est un mal-être qui amène au désintéressement progressif et au désinvestissement total. Une pathologie qui peut toucher tous les salariés mais principalement les jeunes diplômés à qui l'on donnera des tâches prédéfinies sans tenir compte de ce que leur récent apprentissage pourrait apporter à l’entreprise.

Plutôt que de voir leur cœur de métier s’effacer derrière la multiplication des tâches répétitives, de nombreux salariés se prennent à rêver de retrouver un sens à leur travail. Et c’est ainsi que l’on voit de plus en plus de cadres se reconvertir en artisan ébéniste, reprendre la ferme familiale ou passer un diplôme de cuisinier. Le rêve de toute une vie.

Cette perte des normes et des repères face à son métier a été l’objet d’une étude de deux chercheurs britanniques et suédois sur la base des écrits sur les bullshit jobs de Davis Graeber. Une synthèse complète à retrouver dans cet article du Figaro.

3 commentaires

  • jeanine dit :

    la satisfaction au travail est fonction de nombreux facteurs sur lesquels la gestion des ressources humaines peut agir : La multitude d’expérimentations et de pratiques empiriques en entreprise, s’accordent pour conclure que la satisfaction au travail est basée sur toute une série de conditions de travail favorables : http://www.officiel-prevention.com/formation/formation-continue-a-la-securite/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=139&dossid=464

  • Pierre dit :

    Davis Graeber n’a rien découvert du tout. Cela fait des années qu’on en parle. Mais c’est précisément à cause de votre mode fonctionnement cloisonné dans une société post-capitaliste de connivence qui fonctionne sur les réseaux et la séduction (ce dont il faut causer pour être « in »: c’est dans Le Monde, donc même si c’est une connerie, tu dois en causer, coco, vite! vite!), alors qu’en fait, dans le fond, vous êtes tellement indifférents à ces problèmes que vous ne vous étiez jamais intéressé à ceux qui en parlaient.

    Noam Chomsky, Jean Baudrillard, Emmanuel Legeard, Christophe Dejours… ils sont nombreux ceux qui ont évalué les faits brillamment bien avant cet obscur Davis Graeber mis au jour par Le Monde à cause de sa participation à Nuit Debout.

    • Bonjour,

      Nulle part dans notre billet n’est écrit que Davis Graeber ait « inventé » le brown-out. Par ailleurs, notre magazine effectue avant tout un travail de curation (ou revue de presse) et reflète l’actualité traitée par les médias. 

      Nous donnons la parole à tous ceux qui veulent la prendre sur le sujet de la QVT et nous serions ravis de publier une interview de Christophe Dejours par exemple. 

      Vous semblez juger un peu hâtivement le contenu de notre magazine, peut-être ne l’avez-vous pas bien parcouru. Je vous invite notamment à lire la très intéressante interview de Thibault Le Texier, celle d’Emmanuel Druon ou encore celle de Dominique Dupagne. On a fait mieux dans le genre post-capitaliste… 

      Bonne lecture !
      Bien cordialement.

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