Gaël Chatelain et le Feelgood Management
Gaël Chatelain, spécialiste du FeelGood Management / © Charlotte Schousboe

Gaël Chatelain : faites place au Feelgood Management

Consultant, conférencier et auteur, Gaël Châtelain est un spécialiste du « FeelGood Management ». Vingt ans de management dans les médias lui ont permis de constater le peu de cas fait du bien-être en entreprise. Après être passé par TF1, Canal +, l’INA et bien d’autres entreprises de renom, où il a managé jusqu’à 200 personnes, Gaël Châtelain a choisi d’allier sa connaissance du terrain et sa passion de l’humain pour se consacrer au thème du management bienveillant. Rencontre.

 

 

Quelle est votre définition du Feelgood Management ou management bienveillant ?

C’est très simple, il s’agit de ne jamais faire à un collaborateur ce que l’on ne supporterait pas que notre manager nous fasse. C’est juste du bon sens, mais je suis persuadé qu’en appliquant cela, 90 % des problèmes seraient déjà réglés.

Pour aller plus loin je propose un parallèle avec la définition d’Aristote : « La bienveillance, c’est vouloir le bien dautrui en ne tenant pas compte de son propre intérêt. »

Selon moi, la bienveillance en entreprise c’est vouloir le bien d’autrui, en tenant compte de la performance de l’entreprise. Il n’est pas question de vivre hors de la réalité : on peut licencier quelqu’un avec bienveillance.

 

Comment en est-on arrivé à un management déshumanisé en entreprise ?

Depuis les années 80 et la financiarisation de l’économie, l’humain est passé après toute autre considération, et surtout après les intérêts financiers. Dans les années 60, on parlait de paternalisme pour les entreprises qui prenaient soin de leurs employés. Prenez la société Michelin par exemple, qui a toujours été paternaliste… Aujourd’hui on dit qu’elle est bienveillante !

Le vrai point de rupture en France a été la vague de suicide chez France Telecom. Une image dégradée a amené une prise de conscience importante de la part des dirigeants, et on a alors commencé à parler de qualité de vie au travail.

On commence tout juste à se dire que si on améliore le bien-être, on améliore la performance. Une étude avance même que 10 à 25 % de la performance d’un individu serait imputable à son bien-être psychologique.

 

Quel pourrait être le premier pas en entreprise pour plus de bienveillance ?

Selon moi, il y a deux paramètres essentiels :

  1. Faire un bilan pour savoir comment se sentent les collaborateurs. On peut mener une enquête interne ou utiliser une application qui permet aux salariés de s’exprimer sur leur bien-être de façon anonyme.
  2. Il faut que le changement vienne d’en haut. La bienveillance doit venir d’une volonté très forte du comité exécutif, qui doit faire figure d’exemple.

Enfin il faut avoir conscience que nous avons laissé le numérique nous gouverner ces dix dernières années. Nous sommes accro à nos téléphones, connectés en permanence… Je demande souvent en conférence « Essayez de vous souvenir du dernier jour où vous n’avez pas pensé au travail ». C’est simple il n’y en n’a plus. Remettons la technologie au service de l’humain !

 

La bienveillance, une question de taille d’entreprise ?

Non, je ne constate pas de différence de bienveillance entre les startups et les grandes entreprises, car il s’agit vraiment d’une question humaine. Un manager toxique le sera partout, et on n’est pas plus bienveillant parce qu’on a un babyfoot à la cafétéria.

 

Quelle est selon vous l’entreprise idéale ?

C’est tout simplement une entreprise où on est heureux d’aller travailler le matin. Une entreprise où l’on peut faire des erreurs et trouver des solutions ensemble de façon constructive ; où si je n’atteins pas mes objectifs je ne suis pas dans tous mes états ; où si je ne vais pas bien j’ai le droit de le dire et je suis pris en charge.

 

Où en est-on du Feelgood management en France ?

Nous sommes très en retard ! Notamment par rapport à nos voisins allemands et scandinaves. La culture française est en partie responsable de cela : le présentéisme, les congés payés pour lesquels on vit, et aussi le système scolaire évidemment. Nous avons plein de « logiciels » à faire évoluer en France pour que nos entreprises deviennent bienveillantes, mais le changement est en action !

 

 

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