La génération Z et le management
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Génération Z : les jeunes vont-ils révolutionner notre façon de travailler ?

Dans les entreprises, les nouveaux venus ont beaucoup fait parler d’eux. En stage, en alternance ou embauchés pour leur premier emploi, la génération Z prend place dans les bureaux et compte bien briser les codes installés du management traditionnel. Et si certains ont du mal à les intégrer, d’autres voient cette nouvelle génération comme une aubaine et une opportunité de transformer l’entreprise pour la faire entrer dans une nouvelle ère…

Les jeunes, c’était mieux avant ?

Pour commencer, précisons un peu les choses : la génération Z est née entre le milieu des années 1990 et la fin des années 2000. Elle a donc grandi après la chute du mur de Berlin, pendant les attentats du 11 septembre et avant le printemps arabe. Et bien sûr, un téléphone portable avec accès à internet dans les mains dès l’enfance. D’ailleurs, 83 % d’entre eux possèdent un compte Facebook.

Cette génération Z à une relation différente au temps, à l'organisation et à l'autorité. Un véritable enjeu pour les entreprises, qui vont devoir relever le défi de l’intégration de ces jeunes, mais aussi sa collaboration avec les autres générations. Ils ont « un rapport décomplexé à l'erreur ! Pour eux, c'est normal de se tromper : ils ne diabolisent pas l'échec comme les autres générations » selon Nicolas Sadirac, fondateur d'EPITECH et directeur général de l'école 424. Didier Pitelet, fondateur de Moons'Factory, les décrit de son côté comme « des utopistes peu dociles qui exigeront un nouveau management entrepreneurial ».

Au boulot avec les jeunes !

Alors, sur quelles valeurs cette génération Z va-t-elle juger ses futurs employeurs ? Pour le savoir, il faut plonger dans leur tête et comprendre ses motivations…

1 – Réussir sa vie, ce n’est pas seulement réussir professionnellement

Même si le travail a toujours une grande valeur à leurs yeux, ils souhaitent garder un équilibre vie pro / vie perso et refusent que leur emploi absorbe la totalité de leur temps. Ils craignent de passer à côté des bons moments et sont à la recherche de l’équilibre parfait entre la réussite professionnelle et une vie personnelle épanouie.

2 – S’engager n’est pas forcément synonyme de CDI

Née dans un contexte difficile et la précarité de l’emploi, cette génération n’est plus à la recherche effrénée du CDI et de la longue carrière en entreprise. En effet, 38% d’entre eux pensent changer au moins 5 fois de poste durant leur carrière. Ils accordent aussi une grande place à leur liberté : freelances, consultants ou encore autoentrepreneurs, les nouveaux statuts commencent à redessiner l’entreprise de demain. Ils n’appartiennent plus à une entreprise, mais proposent leurs compétences au plus offrant, ne devant des comptes qu’à eux-mêmes.

3 – Une personnalité ne se résume pas à un CV

La génération Z ne considère plus l’école comme l’institution incontournable pour valider ses acquis. Dans un monde qui évolue rapidement, elle a pris conscience de l’obsolescence des compétences. Elle est persuadée que la réussite sera possible par la créativité et la débrouillardise, plutôt que par l’accumulation de diplômes. Ils sont aussi nombreux à être autodidactes et à forger leurs connaissances grâce à l’immense quantité d’informations, tutoriels et cours disponibles sur internet, se détournant du parcours scolaire trop « formaté ».

4 – Le service auoritaire, non merci

Cette volonté de liberté se ressent aussi dans leur vision de l’entreprise idéale : flexible, fun et à la hiérarchie moins clivée. Un véritable challenge pour le management vertical traditionnel, cette génération est créative et motivée, et elle compte bien avoir la chance de le prouver. Elle cherche une structure qui valorise ses idées et qui lui laisse une grande marge de manœuvre dans la façon de gérer son travail. D’où le succès des start-ups et des géants de la Silicon Valley.

Chez Google France, la Ballroom permet de travailler seul ou en équipe dans l’ancienne salle de réception de l’hôtel de Vatry.

Chez Google France, la Ballroom permet de travailler seul ou en équipe dans l’ancienne salle de réception de l’hôtel de Vatry. / Crédit photo : Guillaume Collanges pour Management.

#ManagerLesZ

Ces jeunes de la génération Z pourraient donner du fil à retordre à certains managers, car le temps d’avance sur le monde de demain peut créer un dialogue difficile avec « les vieux de la vieille ». Et pourtant, en leur proposant des conditions adéquates, cette nouvelle génération peut se montrer riche en (très bonnes) surprises.

Leur donner des objectifs et les laisser travailler par eux-mêmes : c’est peut-être le point principal à retenir. « Ils sont dans l’attente de nouveaux défis : je leur confie régulièrement des missions ponctuelles en plus de leurs objectifs à tenir sur un an et demi. Il faut les challenger en permanence pour ne pas les ennuyer ! » nous apprend Alexandra Gaudin, DRH de l’agence de communication Australie.

Éric Delcroix conseille quant à lui de leur donner accès à un réseau social, afin qu’ils puissent interagir directement entre eux, ainsi qu’avec la direction quand ils le souhaitent. « Nés avec le web 2.0, ils sont habitués à une grande réactivité et ne connaissent pas le formalisme des rapports hiérarchiques ». Et cette aisance sur le web, l’entreprise doit aussi l’avoir : la e-réputation est très importante, et les retards technologiques de l’entreprise peut être un vrai frein pour ces futurs travailleurs.

Certes, cette génération a des codes différents de ses prédécesseurs. Et c’est une bonne nouvelle : le partage, la coopération, la créativité et le faire ensemble font partie de ses grandes forces. Et ceux qui arriveront à intégrer les Z au sein de leur univers auront sûrement un grand coup d’avance sur les autres.

 

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