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Handicap : en parler favorise l’intégration dans l’entreprise

Gary Garcia est atteint du syndrome de Gilles de La Tourette. Insultes et gestes obscènes lui échappent de façon incontrôlée. Trouver un emploi dans ces conditions est particulièrement ardu. Pourtant il y est arrivé. Les clés de sa réussite ? Accepter d’être accompagné par Cap Emploi en tant que travailleur handicapé et rencontrer une entreprise, Medtronic, à l’écoute et prête à favoriser les conditions de son intégration dans le milieu du travail.

En quoi le fait d’être reconnu comme travailleur handicapé a favorisé vos chances d’intégration dans le monde du travail ?

Quand le syndrome s’est déclaré, j’ai mis 10 ans à l’accepter. Je vivais reclus. J’ai fini par tourner ma maladie en dérision, avec beaucoup d’ironie de ma part, je n’ai pas trouvé d’autres manières pour l’accepter. Après quoi, j’ai essayé d’accéder à un emploi dans le domaine de la logistique. Je ne compte plus les entretiens d’embauche qui se sont soldés par des échecs. Ma maladie semblait insurmontable pour toutes les entreprises sollicitées. À la suite d’une conversation musclée avec ma belle-sœur, j’ai compris qu’il fallait que je sois reconnu en tant que travailleur handicapé pour avoir une chance de trouver un emploi et le garder. Cela a été très difficile pour moi, car je ne me considère pas comme handicapé. Mais je l’ai fait… et aujourd’hui je remercie ma belle-sœur !

En quoi cela vous a-t-il aidé ?

En tant que travailleur handicapé, j’ai tout de suite été accompagné par Cap Emploi qui m’a proposé de suivre une formation en alternance de magasinier-cariste avec à la clé une promesse d’embauche chez Medtronic, à Trévoux dans l’Ain. Une belle entreprise qui conçoit et fabrique des implants tissulaires pour soigner les hernies. Elle appartient à un groupe international qui fait de la diversité, dont le handicap, une valeur forte, source de performance sociale de l’entreprise. Tout ça, je l’ai appris après. Mais dès le premier rendez-vous, j’ai compris que l’écoute serait d’un autre niveau que lors de mes précédents entretiens d’embauche ! Tout simplement parce qu’ils savaient et qu’ils étaient prêts à me faire une place.

Comment s’est passé votre entretien d’embauche ?

Pour eux, ce fut une première de rencontrer quelqu’un comme moi ! Mais étant avertis, il y a eu moins de réactions ou en tout cas ils ont su les maîtriser. Quant à moi, je suis habitué à passer des entretiens qui se finissent mal, j’ai appris à me détacher de la réaction des gens. Bilan, on a pu se concentrer sur l’essentiel : mes compétences, mon envie de travailler. Quand j’y pense, il a fallu que je sois reconnu travailleur handicapé pour que mon handicap ne soit plus un frein !

Et votre intégration dans l’entreprise ?

Le jour de mon arrivée dans le service, tout le monde avait été prévenu de la nature de mon handicap. La direction avait pris le temps d’expliquer mon syndrome aux personnes avec lesquelles j’allais directement travailler, mais aussi avec toutes les personnes du site, et on est 300 !
Pour moi, ça a été un soulagement, car je n’ai pas eu à expliquer à chaque nouvelle personne rencontrée mon handicap, ni à faire face à des réactions de surprise par ignorance. Les personnes qui le souhaitaient ont pu venir me poser des questions, par curiosité, ce qui est normal. Ce temps d’échanges, précédé d’un accompagnement efficace de la direction, m’a permis d’intégrer mon équipe facilement.

Comment estimez-vous votre qualité de vie au travail aujourd’hui ?

Après 2 ans et demi les relations sont très bonnes car j’ai été intégré comme je suis, tout simplement. La direction de Medtronic reste très attentive, dès qu’il y a un nouvel employé, que ce soit dans mon service ou un autre, il est mis au courant de la nature de mon handicap. Si on se croise, il n’y a pas de malentendu possible. Et récemment, on m’a confié la formation d’un nouvel embauché qui bien sûr avait été prévenu. La preuve que la direction ne considère pas mon handicap comme un frein. Aujourd’hui, tout le monde sait mais plus personne ne fait attention, sauf quand une parole obscène arrive à propos, malgré elle, dans une conversation. Là, tout le monde en rit et moi aussi !

 

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