Pouya Mohtacham, Chief happiness officer chez Comeet et fondateur d'Happy Tech
© Pouya Mohtacham

Les happy tech au service d’une stratégie du bien-être au travail

Pouya Mohtacham a longtemps travaillé dans de grandes structures comme Cap Gemini, du côté technique du numérique. Dans les tours de la Défense, il a découvert le peu de place accordée au bien-être au bureau. Pour y remédier, il a co-fondé Comeet, qui favorise les relations entre collègues. Il en est le Chief Happiness Officer. Mais il promeut aussi l’écosystème des start-ups du bien-être au travail dans l’association Happy Tech qu’il préside. Description d’un univers numérique qui, au-delà du buzz, croit au bien-être en entreprise.

 

Comment définissez-vous les happy tech ?

Pour commencer, une happy tech se concentre sur le bien-être au travail. Elle promeut une culture d’entreprise qui va dans ce sens, avec des managers bienveillants, et un environnement de travail favorable. Enfin, évidemment, c’est une entreprise de technologie. Aujourd’hui, moins de 3 % des outils numériques concernent cette thématique ! Il y a un terrain de jeu immense à conquérir.

 

Comment est née l’idée d’une association Happy Tech ?

Avec Comeet, nous voulions intégrer le pôle de compétitivité Cap Digital et la French Tech. Mais aucune case ne nous correspondait. Alors en février 2017, avec d’autres start-ups au profil similaire, nous nous sommes regroupés pour créer Happy Tech. Objectif : fédérer l’écosystème et structurer le marché. Une succession de signes positifs ont validé la démarche. Notre premier événement en juin a fait le plein. Puis au salon Vivatech, le Président Macron, interpellé par un des co-fondateurs de Comeet, lui a demandé de « faire de la France le leader du bien-être au travail » ! Echange qui a débouché sur une rencontre avec la Ministre du travail.

 

Quelle sont vos actions concrètes ?

Nous inventorions les outils happy tech. Le catalogue sera à disposition des entreprises sur un portail global du bien-être où seront aussi recensés les événements, les services, les formations… Cela donnera la mesure de l’importance du secteur en France. Pour l’instant, nous comptons 35 membres, 33 en attentes de validation et une centaine de dossiers à traiter. Le label Happy Tech permet de nous identifier clairement.

Nous voudrions aussi aider les plus petits à grossir, avec un campus et un fonds d’investissement spécifiques, à Paris. Nous réfléchissons enfin à un laboratoire du bien-être, pour inventer un parcours du bien-être sans à-coups pour le collaborateur, du matin au soir. Pas seulement au bureau. Nous avons déjà des startups qui s’intéressent au transport, au patient…

 

Sur quelles innovations travaillent vos membres ?

Certains sont très généralistes, d’autres se spécialisent dans le sport, dans la musique, l’art, la culture, la nature, la santé la reconnaissance au travail, la déconnexion, la conciergerie. Une de nos start-ups propose de synchroniser les équipes comme des orchestres, une autre de soulager la fatigue des yeux… C’est extrêmement varié !

 

N’êtes vous pas considérés comme un simple effet de mode ?

Pour commencer, nous ne traduisons pas « happy » par bonheur, trop lié à une émotion. Nous parlons de bien-être, plus concret. Ensuite, la technologie nous rend « bankables ». Un dispositif de mesure de la qualité de l’air au bureau est de tout suite attractif. Même si nous tenons à l’idée que la technologie n’est pas à elle-seule la solution au problème posé. Elle est l’outil de mesure, de mise en relation des humains, au service du bien-être. Enfin, les happy tech, ce sont des schémas directeurs, des indicateurs, un retour sur investissement du bien-être au travail. Un vocabulaire d’entreprise.

 

Comment mesure-t-on ce retour sur investissement du bien-être au travail ?

Avec le taux d’absentéisme ou le turnover, véritables coûts du mal-être. Un salarié qui se sent bien est moins malade et plus fidèle. On peut aussi estimer le délai nécessaire pour s’intégrer, ou la facilité à trouver un mentor… Mais chaque start-up a aussi ses indicateurs, souvent basés sur des enquêtes déclaratives. Toutes ces mesures sont essentielles.

Dans les grandes entreprises, de plus en plus d’employés sont à la recherche de bien-être. Mais la difficulté pour le Chief Happiness Officer, c’est la transversalité du sujet qui concerne autant l’événementiel que la gestion des espaces de travail, la communication interne… Pour coordonner l’ensemble, il a besoin de bâtir une vraie stratégie du bien-être au travail, avec des objectifs, des indicateurs, un ROI.

 

Pouya Mohtacham, Chief happiness officer chez Comeet et fondateur d'Happy Tech

Pouya Mohtacham

 

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