Les chiffres de la QVT : le bilan de 2016
© Mosuno / Stocksy United

Les chiffres de la QVT : le bilan de 2016

Six facteurs sont déterminants pour définir la Qualité de vie au travail : les relations humaines, l’environnement physique, l’organisation, les missions assignées, le développement professionnel et la conciliation entre travail et vie privée.

Si la QVT a reçu une note positive de la part des salariés de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire) en 2016 (6,3/10) selon le baromètre de Chorum, celle-ci était pourtant en baisse par rapport à 2015 (elle avait reçu une note de 6,1/10). Une légère tendance à la dégradation dont se préoccupe MIEUX qui vous propose un bref retour sur les chiffres de la QVT en 2016 avec des éléments de compréhension à la clé !

 

Là où le bât blesse…

Etablie à l’automne 2016 sur une base de 6 246 répondants et publiée en mars 2017, l’étude de Chorum – mutuelle de protection sociale complémentaire dédiée aux acteurs de l'ESS – a permis aux salariés et dirigeants de donner leur avis sur la QVT.  On s’aperçoit par exemple que les dirigeants donnent une note supérieure à la QVT comparé à celle donnée par les salariés (7,4/10 en 2016 contre 7,2/10 en 2015). Mais leur opinion concorde lorsqu’il s’agit de pointer du doigt certaines défaillances du système : en 2016, ils ont été 51 % des interrogés à juger la gestion et l’organisation de leur société comme responsable d’une baisse de la QVT. Le manque de reconnaissance par la hiérarchie arrive en seconde position (pour 33 %), puis survient la question de la rémunération (pour 32 %) et enfin, l’ambiance de travail (31 %).

Mais relativisons, il n'y a pas que du négatif ! Par exemple, les salariés franciliens, soit un cinquième des actifs du pays, estiment à 86 % évoluer dans une région « professionnellement et économiquement dynamique ».

 

Objectif santé

Mais qui dit « dynamisme » dit aussi « augmentation du stress ». Selon le baromètre CEGOS « Climat Social et Qualité de Vie au Travail » de 2016, 64 % des managers et 55 % des salariés ressentent un stress quotidien. Un trouble qui aurait un impact négatif sur la santé, estiment 72 % des interrogés, puisqu’il engendre, entre autre, des troubles dépressifs. Un mal pris très au sérieux par les autorités puisque ce sont 40 millions de personnes qui souffrent de dépression professionnelle au sein de l’Union Européenne et qu’il coûte 617 milliards d'euros.

Autre poids lourd économique dans le portefeuille de la santé publique : les troubles musculosquelettiques (TMS) qui représentent au moins 80 % des maladies professionnelles, pouvant coûter jusqu’à 52 000 € par cas diagnostiqué. En 2016, ces troubles ont connu une augmentation de 60 % sur ces 10 dernières années.

 

Surmonter les discriminations

La QVT est aussi affaiblie par des préjugés culturels et sociaux qui ont la vie dure. Selon le Conseil Supérieur de l'Égalité professionnelle (CSEP), 80 % des femmes salariées sont régulièrement confrontées à des attitudes ou à des décisions sexistes. Une tendance qui se fait ressentir aussi bien dans le secteur public que privé : 69 % des femmes du secteur public et 77 % du privé estiment que certains métiers s'adressent plus naturellement aux hommes, selon un rapport de l’Organisation Internationale du Travail. Un avis partagé par « seulement » 61 % des hommes du secteur public et 71 % du privé.

Une tendance lourde qui décline trop lentement : il faudrait un siècle avant que l'égalité des sexes ne soit atteinte en France selon un rapport du Forum économique mondial. Également touchées par les discriminations : les personnes en situation de handicap. Leur taux de chômage reste en effet élevé, 18 % à la fin 2015, ce qui représente environ 470 000 demandeurs d’emploi en situation de handicap selon le ministère des Affaires sociales et de la santé. Et pourtant, ces salariés sont considérés par leur employeur comme plus consciencieux et plus motivés.

 

Améliorer le bien-être

Mais la discrimination entre les femmes et les hommes n’est pas la seule responsable d’un mal-être entre collaborateurs. Pour la moitié des salariés, leur n+1 ne prend pas le temps de leur donner des retours et des conseils pour progresser, ni pour donner du sens à leurs tâches. A l’inverse, 87 % des managers déclarent pourtant le contraire… Des inégalités qui influent assurément sur le bien-être des travailleurs, et donc sur la productivité de toute société.  

On ne saura le répéter mais un salarié plus heureux est 12 % plus productif, sans oublier que la moitié des arrêts de travail serait liée au stress ou à ses conséquences.

Et pour accroître le bien-être, les travailleurs soulignent cinq changement favorables à la QVT : l’augmentation de la flexibilité (horaires de bureau ou encore télétravail), plus d'autonomie, l’accès à des formations « en temps réel », la possibilité de travailler sur des projets qui ont du sens ou encore la conservation d’une certaine stabilité organisationnelle.

 

Et si on se mettait au vert ?

Des améliorations qui ne peuvent se faire sans repenser l’aménagement de l’espace de travail. En effet, ce dernier favorise considérablement les relations humaines selon 82 % des travailleurs, mais aussi le sentiment de bien-être (pour 81 %) ainsi que l’implication dans le travail pour 79 %. Et pourtant, il apparaît qu’en 2016, 58 % des dirigeants tiennent encore à marquer leur différence avec le reste des employés en gardant un bureau personnel et fermé…

Repenser l’espace de travail en y intégrant un peu de verdure serait également une des pistes originales qui favoriserait le bien-être et la productivité d’une entreprise. Pour preuve, une étude britannique, néerlandaise et australienne révèle que l’introduction de plantes au bureau permet d’augmenter la productivité de 15 %… Alors prêts à adopter cette nouvelle tendance au nom savant, le « design biophilique » ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *