Travailler est plus efficace lorsque cela a du sens
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Managers, donnez du sens au travail

Si certains ne savent plus où donner de la tête au bureau, d’autres ont du mal à y voir clair. Donner du sens à son travail, un élément essentiel pour les salariés, qui n’est pourtant pas si évident à mettre en œuvre. Le sujet fait aujourd’hui de plus en plus parler de lui, dans un monde où les tâches sont très divisées et les projets segmentés entre plusieurs collaborateurs. Dans une société où le travail nous définit en grande partie, comment lui redonner du sens ?

 

Au fait, pourquoi travailler ?

« Le travail est au fondement de l’ordre social, il détermine largement la place des individus dans la société […] Travailler est une norme, un fait social », nous apprend Dominique Méda, professeure de sociologie à l’Université Paris Dauphine. Si le travail nous définit aujourd’hui, il a bien évolué au cours du temps.

Jusqu’aux années 60, le travail est une nécessité : souvent manuel et pénible, il assure une sécurité et de quoi répondre à ses besoins élémentaires. Dans les années 90, il est désacralisé : il permet de s’exprimer, et bien que représentant une grande partie de la vie, il n’est plus toute la vie. Il est plus flexible, et prend la forme d’un parcours d’évolution.

Aujourd’hui, le travail n’a plus la même valeur : il reste un marqueur social essentiel, mais nous ne voulons plus faire n’importe quoi à n’importe quel prix. « Conscient de sa responsabilité dans un monde interdépendant, l’individu se pose la question de son utilité », nous explique la psychologue Françoise Bonnal. Il va aussi juger les pratiques sociales de l’entreprise et son engagement dans des démarches de développement durable ou de solidarité. « À défaut de pouvoir changer le monde, l’individu d’aujourd’hui s’efforce d’être quelqu’un de bien. » résume Françoise Bonnal.

Et ce n’est pas près de changer : dans un précédent dossier, nous apprenions que la nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail est plus que jamais en quête de sens. À la recherche de leur épanouissement avant tout, ils s’engagent moins facilement sur le long terme et visent un travail plus flexible et dans lequel ils verront directement leur valeur ajoutée. Selon l’étude « The Evolution of Work », 82 % des jeunes actifs aimeraient définir eux-mêmes leurs horaires de travail. Et 95 % des salariés pensent pouvoir travailler depuis n'importe où dans le monde. La flexibilité, un premier élément de réponse pour redonner du sens au travail ?

 

Donner du sens au travail : le rôle de qui ?

Est-ce aux managers de donner du sens au travail ? Est-ce aux salariés d’en chercher un ? Selon un récent sondage, 85 % des personnes interrogées considèrent que c’est à chacun de donner un sens à son travail, mais 63 % estiment aussi que le manager a un rôle à jouer. Si cela peut sembler être opposé, ça ne l’est pourtant pas. Tout dépend en fait du point de vue que l’on adopte : individuel (recherche d’équilibre entre ses attentes, besoins et aspirations) ou organisationnel (en recherche de directions clairement définies).

 

Le sens au travail, un sujet individuel et collectif. / Source : parlonsrh.com

Le sens au travail, un sujet individuel et collectif. / © parlonsrh.com

 

Vincent de Gaulejac, sociologue clinicien, exprime le travail selon trois références : l’avoir, l’être et le faire. « L’avoir » représente l’acquisition de capitaux par le travail, au niveau économique (salaires et primes par exemple), social (constitution d’un réseau social, d’un statut, etc.) et culturel (maîtrise de savoir-faire et développement des compétences). Le « faire » représente l’exécution d’une tâche : la production. Et « l’être » correspond à l’épanouissement de l’humain au sein de son environnement de travail (QVT, gratitude obtenue pour un travail effectué, résolution de conflits, etc.).

Lorsque ces trois notions trouvent un bon équilibre, le salarié retire de ses journées de travail une certaine fierté, et voit son métier comme une façon de s’épanouir.

 

Coup de blues

Depuis 2016, un nouveau terme est venu s’ajouter à la liste des maux rencontrés dans le monde de l’entreprise : le brown-out. Définit comme « une baisse de tension et d’attention au travail, une prise de conscience brutale de l’absurdité de son métier qui paralyse », il est le résultat du manque de sens éprouvé par un salarié. Une baisse de l’intérêt, qui a terme peut provoquer un état de dépression et qui peut vite se répercuter hors des murs de l’entreprise.

Donner du sens à son travail n’est donc pas seulement un luxe pour améliorer le bien-être, mais un véritable socle sur lequel construire son entreprise. Certains ont déjà commencé à creuser le sujet, apportant des premières solutions simples afin prendre le changement en main…

 

Question de bon sens

De nombreuses astuces existent pour redonner du sens aux métiers et à la vision de son entreprise. Petit tour d’horizon des actions à mettre en place pour être sûr d’y parvenir :

 

1 – Réunir performances économiques et impact social

Un modèle économique tourné vers l’humain et l’environnement améliore le capital image et motive les équipes.

 

2 – Les ondes positives

Un salarié qui perçoit positivement son travail s’implique affectivement et sera plus consciencieux et plus coopératif avec ses collaborateurs.

 

3 – La « co-création »

Travailler ensemble, c’est aussi un bon moyen de nouer plus de relations autour d’un projet commun, et de s’investir en groupe pour atteindre un même objectif.

 

4 – Le « management libéré »

Dans son livre « Le management libéré », Marc Dorel affirme que privilégier l’autonomie, la responsabilisation et l’équité aurait des résultats très positifs sur l’entreprise lorsqu’elle place ce triptyque au centre de ses valeurs.

Maintenant que vous avez toutes les cartes en main, il ne reste plus qu’à les mettre en œuvre pour avancer (dans le bon sens, évidemment !) 

 

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