Nina Chataignier
Crédit photo : Zoé Forget

Motiver quand on est Metteur en scène

À seulement 30 ans, Nina Chataignier a déjà une carrière théâtrale bien remplie ! Comédienne dès l’adolescence, elle assiste sa professeure et différents metteurs en scène avant de fonder sa propre compagnie, « Sous l’Écorce », avec laquelle elle met en scène plusieurs spectacles. Depuis 2014, elle fait également de la formation en entreprise et du coaching, tout en continuant d’enseigner le théâtre, d’écrire et de monter des pièces pour ses élèves. Pour la première fois, elle nous livre sa vision de la motivation, indissociable de son métier.

 

En quoi la motivation est-elle importante pour un metteur en scène ?

Chaque année, j’enseigne le théâtre à une dizaine de classes et je mets en scène presque autant de spectacles. C’est pour préparer les représentations que j’ai besoin de motiver mes troupes. On pourrait croire que mon travail repose essentiellement sur l’aspect artistique, mais la gestion de l’humain est tout aussi importante. Croyez-moi, s’occuper d’un groupe de quinze personnes, créer une unité, tout en respectant les désidératas de chacun, c’est du véritable management !

 

« La motivation, c’est contagieux ! » – Nina Chataignier, Metteur en scène

 

Comment faites-vous pour motiver vos comédiens ?

En montrant ma propre motivation, car je suis convaincue qu’elle est contagieuse ! J’adore monter des spectacles et j’ai envie que mes élèves le ressentent, s’embarquent avec moi dans cette aventure humaine. Plus concrètement, je les responsabilise en les faisant participer activement à la préparation du spectacle, et pas seulement en répétant leur rôle. Je leur demande de concevoir eux-mêmes l’affiche et le programme de la pièce, de trouver les costumes et les accessoires, de réfléchir aux décors… En plus de les impliquer individuellement, cette façon de procéder leur permet de se rapprocher, d’échanger, de se réunir en dehors des cours, et donc de créer une complicité qui se ressentira sur scène.

 

Avez-vous des « trucs » qui marchent à tous les coups ?

Quand on a un objectif, le simple fait de penser à sa réalisation est source de motivation. Dès que je sens une petite baisse d’énergie, je n’hésite pas leur parler de leur spectacle, afin qu’ils imaginent le résultat, qu’ils se projettent. Concrètement, prévoir des petites échéances intermédiaires, comme un filage de mi-parcours, est un bon moyen de motiver. Sans pour autant perdre de vue le plaisir de l’instant !

 

Et des erreurs à ne surtout pas faire ?

Lorsqu’on sent une baisse de motivation, il ne faut surtout pas l’ignorer, en se disant que ça passera tout seul, mais prendre le problème à bras-le-corps. La meilleure chose à faire est de transformer le cours en moment de discussion, être à l’écoute de chacun, pour comprendre ce qui ne va pas.

L’autre erreur consiste, à l’inverse, à s’acharner. Lorsqu’on a fait le maximum pour qu’un élève soit à l’aise (avec les autres, avec son rôle…), mais qu’il ne se sent toujours pas à sa place, il vaut mieux le laisser partir, même si ça fait un pincement au cœur.

 

Quel conseil donneriez-vous à un manager soucieux de motiver ses salariés ?

L’univers du théâtre est bien différent de celui de l’entreprise. Néanmoins, je pense que pour motiver, il faut trouver le bon équilibre entre gentillesse et fermeté. Il faut créer un cadre, car c’est ce que les gens attendent, tout en laissant de la liberté à l’intérieur. Le manager, comme le metteur en scène, ne sait pas tout. Il a donc tout intérêt, pour le groupe et pour lui-même, à rester ouvert aux suggestions de chacun. Dernière chose : la motivation ne peut exister que dans un cadre agréable, où l’on prend plaisir à se retrouver et à travailler ensemble.

 

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Propos recueillis par Sandrine Campese

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