La culture du travail à travers le monde
© VICTOR TORRES / Stocksy United

Management interculturel : La culture du travail à travers le monde

Ce n’est pas parce que vous parlez le mandarin que vous communiquerez sans peine avec un Chinois ! Cela pourrait être un proverbe… car les codes culturels sont tout aussi importants que le langage si vous souhaitez échanger avec des collaborateurs étrangers. Avant de partir en vacances, MIEUX vous emmène faire le tour du monde des traditions liées au travail pour vous donner quelques clés du management interculturel.

 

 

La notion de travail

Inutile de se rendre jusqu’en Chine pour se rendre compte que les êtres humains à travers le monde n’ont pas tous la même notion de ce qu'est le travail. Pour cela, il suffit de regarder chez nos voisins européens. L’Allemagne et le Royaume-Uni, par exemple, ont en réalité des conceptions et habitudes de travail bien différentes des Français.

Par exemple, en France, on supporte mal les rapports hiérarchiques (selon une étude publiée par Steelcase), tandis que les Allemands préfèrent un environnement de travail très structuré. Les travailleurs anglais et allemands sont eux opposés dans leur approche de la frontière entre la vie privée et la vie publique. Le Royaume-Uni n’en connaît quasiment aucune, alors qu’elle est l’un des piliers du bien-être en Allemagne.

Par ailleurs, bien que l’open-space, modèle anglo-saxon par excellence, se soit développé de manière fulgurante en France, les salariés de l’Hexagone estiment toujours que ces espaces sont trop… ouverts justement. Un sondage d’Opinion Way commandé par le cabinet CD&B en 2013 révèle que 65 % des Français ont déjà demandé à un collègue de faire moins de bruit et 62 % ont déjà eu le sentiment qu'un collègue regardait leur écran sans le demander… En revanche, les Anglais, pourtant souvent considérés comme « froids » sont, paradoxalement, des adeptes des espaces collaboratifs toujours selon l’étude de Steelcase.

 

Allons maintenant voir un peu Outre Atlantique… Aux États-Unis, la notion de hiérarchie a une place bien particulière. À l’inverse de la Chine où la place du chef est incontestée et incontestable, pour les Américains, cette place doit absolument être respectée, à une seul condition : que le manager ou dirigeant communique, échange et respecte ses collaborateurs.

Si ces brèves connaissances sur les divergences culturelles nous aident déjà à appréhender au mieux certains rapports professionnels à l’étranger, les managers devront cependant approfondir la question s’ils veulent mettre en place de véritables stratégies multiculturelles.

 

 

Voyagez grâce aux différences culturelles

Selon Erin Meyer, professeure affiliée en comportement organisationnel, spécialisée en management interculturel à l’INSEAD (Institut européen d'administration des affaires) de Fontainebleau, huit aspects majeurs sont à prendre en compte si l’on veut capter au mieux les différentes méthodes de travail d’une autre culture : la communication, l'évaluation, la persuasion, la façon de diriger, la prise de décision, la confiance, la gestion du temps et l'organisation du temps. Dans son ouvrage « La Carte des  différences culturelles. 8 clés pour travailler à l’international » (Diateino, 2016) cette experte compare ainsi plusieurs pays sur la base de ces huit critères : le Japon et le Brésil, l’Inde et la France, l’Allemagne et les États-Unis, etc. Des comparaisons que l’on retrouve en ligne, sur des cartes interactives très instructives.

On y apprend par exemple que : les managers américains aiment « aller à l’essentiel », alors que les Français sont plus propices à réfléchir en amont avant de prendre une décision ; que les Japonais sont davantage « formalistes » que les Français ; que les Français auraient tendance à être plus flexibles dans les emplois du temps, la ponctualité, à l’inverse des Allemands qui seront cependant encore plus éloignés culturellement de la conception du temps d’un Indien ou d’un Brésilien, etc.

« Diriger des équipes multiculturelles relève presque de la gageure. Car, quel dirigeant s'autorise à consacrer du temps non seulement à comprendre des personnalités individuelles, mais aussi à décrypter une large variété de styles au travail et surtout à questionner la nature humaine ? », s’interroge Erin Meyer.

 

 

Connaître les diversités : un atout majeur

Au delà des différentes visions et habitudes de travail, il semble que les divergences culturelles mais aussi, le multiculturalisme en entreprise sont désormais considérés comme des atouts plutôt que des inconvénients. Comme l’affirme certains spécialistes tel Evalde Mutabazi, professeur permanent à l’EM de Lyon : un bon manager sera celui qui saura travailler avec « la couleur » du pays avec/dans lequel il travaille. « Sur un plan marketing, il faut donner à l’entreprise, à ses produits ou services la couleur du pays », préconise-t-il. 

Un bon conseil pour finir sur une note positive et colorée !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *