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« Les entreprises et les CSE ont un rôle majeur à jouer pour accompagner les salariés en difficulté »

Les missions du CE / CSE | 3 septembre 2020
« Les entreprises et les CSE ont un rôle majeur à jouer pour accompagner les salariés en difficulté »

Beaucoup de salariés s’apprêtent à reprendre le chemin de leur lieu de travail. Après plusieurs semaines de confinement, les inquiétudes sont au rendez-vous. Peur pour leur santé, pour celle de leurs proches, difficultés financières éventuelles, Stéphany Orain-Pelissolo, psychologue clinicienne et psychothérapeute, à l’initiative de la plateforme covidecoute.org, nous explique quels sont les effets psychologiques du confinement et du déconfinement, et comment accompagner les salariés en difficulté.

Quels effets psychologiques liés au confinement avez-vous pu observer ces dernières semaines ?

Stéphany Orain-Pelissolo, psychologue clinicienne et psychothérapeute, parle de l'aménagement du télétravail pour les personnes en situation de handicap
Stéphany Orain-Pelissolo, psychologue clinicienne et psychothérapeute

43 % des personnes qui appellent CovidEcoute présentent une symptomatologie dépressive. Il s’agit surtout de personnes isolées qui souffrent énormément de la séparation d’avec leurs proches. 41 % des personnes ne supportent plus la privation de liberté, ce qui entraîne la survenue d’attaques de panique, de troubles du sommeil, de colère.

25 % des personnes souffrent de troubles anxieux en lien avec la peur de l’avenir, économique et professionnel, ainsi que la peur de contracter le Covid lors du déconfinement. Enfin, les parents expriment leurs craintes de remettre leurs enfants à l’école, les exposant ainsi au risque de contamination. 

Comment va se passer le retour au travail pour toutes ces personnes ?


Elles auront besoin d’être rassurées par rapport à leur sécurité au sein de l’entreprise. Des masques et du gel hydro-alcoolique seront-ils mis à disposition ? Les distances de sécurité entre les personnes seront-elles respectées ? Si l’entreprise rassure sur ces questions, alors elles reviendront de manière plus sereine dans leur milieu professionnel. 

Certaines d’entre elles devront augmenter progressivement leur temps de présence en entreprise, alternant avec du télétravail. D’autres, auront besoin d’être accompagnées par un psychothérapeute, surtout si elles ont développé une peur panique de contracter le Covid.

L’entreprise peut-elle aller plus loin pour accompagner les salariés en difficulté ?

Oui, elle sera même dans son rôle en proposant, à des salariés qui en ont besoin, une prise en charge psychologique. Il ne faut pas hésiter à avoir recours à des psychothérapeutes pour aider les collaborateurs à travailler sur leur anxiété. Cela peut se faire via CovidEcoute, ou par un accès donné à une hotline qui mettra les salariés en contact, anonymement, avec un thérapeute.  Tout ceci peut se mettre en place en concertation avec les membres du CSE, qui ont dans leur scope la santé et la sécurité au travail.

S’agissant des problèmes financiers, l’entreprise pourra lister avec les salariés les aides mises en place par l’État si elles sont en difficulté au moment de la reprise. Dans les entreprises à risques, il faudra par ailleurs rassurer en étant transparent, et en rappelant qu’il y aura un accompagnement si l’entreprise doit connaître des difficultés à long terme, et malheureusement se séparer de certaines personnes.

Au quotidien, sur quoi faut-il être vigilant ?

Les absences répétées, les retards réguliers, les troubles de la concentration et la difficulté à être productif doivent alerter les dirigeants de l’entreprise comme les représentants du personnel quant à la santé mentale de leurs employés. 

Les managers qui travaillent depuis un certain temps avec les personnes seront aussi capables de détecter un éventuel changement d’attitude. Ils devront se fier à leur ressenti, ne pas hésiter à engager le dialogue, et à proposer un soutien s’ils perçoivent le moindre signe de mal-être. Ils peuvent également inciter les salariés à contacter les membres du CSE s’ils se sentent plus à l’aise pour parler de leurs difficultés dans un rapport non managérial.

À l’inverse qu’est-ce qu’il ne faut pas faire ?

Il ne sert à rien d’imposer un retour si l’anxiété est trop élevée. Ça créera un effet inverse à ce qui est attendu. L’idée est de permettre une reprise progressive du travail avec, si besoin, l’aide d’un psychothérapeute qui travaillera à une exposition par paliers à ce que la personne redoute. 

Attention à la pression aussi. L’idée est de renforcer les équipes de manière positive, de faire preuve d’une certaine souplesse sur la question du télétravail ou de la présence dans l’entreprise. S’il y a de l’absentéisme dans les premières semaines du déconfinement, la sanction n’est pas pertinente au vu du contexte. 

Et puis, pour ne pas braquer les salariés qui souffrent d’anxiété ou de dépression, il faut à tout prix éviter le jugement, la banalisation, les « allez, ça va ! on ne va pas rester confinés éternellement », certains d’entre eux ont peut-être été touchés sévèrement par le Covid-19, personnellement ou dans leur famille. 

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