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Le management : de la science à l’art

Nouveaux usages au travail | 27 octobre 2016
Le management : de la science à l’art

Tel qu’il est enseigné et pratiqué depuis des décennies, le management est plus souvent apparenté à une science qu’à un art. En théorie, telle ou telle méthode de management entraînera tel résultat en faveur de l’entreprise. Tout cela sans compter sur le caractère imprévisible de la vie et de la personnalité de chacun. Et si nous acceptions de remettre l’humain au centre du management pour en faire, non une science, mais tout un art ?

L’émergence du management scientifique

Le management scientifique est né en 1960. L’objectif premier du management était alors de maîtriser la forte croissance économique qui vit le jour d’abord aux États-Unis, puis en Europe. Vue comme une science dure, on assista au développement d’un management par les chiffres qui fit ses preuves… en termes financiers du moins. Dans une interview pour ParisTech Review, Michel Berry, fondateur de l’Ecole de Paris du management raconte :

Toute une mythologie s’est alors développée autour de cette idée de méthodes qui devaient triompher non pas seulement par leur qualité intellectuelle, mais parce que c’étaient les méthodes des vainqueurs – de ceux qui avaient gagné la Deuxième Guerre mondiale, et qui triomphaient aussi sur le plan économique.

Dans les années 70, la remise en cause du modèle américain et l’émergence de nouvelles méthodes de management comme le toyotisme venu du Japon élargissent le paysage mais ne révolutionnent pas la pensée selon laquelle le management peut être standardisé et universalisé. Pourquoi, après bientôt 60 années, sommes-nous tant en peine de trouver des alternatives à un modèle vieillissant ?

Réapprendre le management

En 1993 est créée l’Ecole de Paris du management, qui se définit explicitement en réponse à la crise du management scientifique. Celle-ci n’est pas une université mais un lieu d’échange et de réflexion sur les pratiques managériales, envisagées dans ce qu’elles ont d’unique, de singulier.

Si les problèmes sont universels, les réponses sont singulières. Elles diffèrent d’un endroit à un autre, d’un secteur à un autre, mais aussi, […] d’un pays à un autre.

Dans cette école, on raisonne au cas par cas pour en tirer des enseignements qui ne seront pas universels mais qui, certainement, seront utiles à d’autres cas similaires. On demande à des intervenants de raconter leur histoire et leur expérience singulières. On s’appuie sur le vécu avant de l’analyser, plus tard, dans un cadre plus théorique. Ici, le management est « vivant ».

Michel Berry, fondateur de cette école, déplore que le management soit apporté dans certaines entreprises à coups de PowerPoint par un consultant qui tentera de « plaquer son modèle en ignorant généralement tout de l’histoire de cette entreprise ». Or, c’est précisément cette histoire qui aidera l’entreprise à trouver le management qui lui correspond.

Faire preuve d’humanité : la souplesse et le droit à l’erreur

Ce n’est pas parce qu’une méthode fonctionne pour une entreprise qu’elle fonctionne pour toutes. Voire au sein d’une même entreprise, il ne sera pas pertinent de manager toutes les équipes de la même manière. Il faut se laisser le droit à l’erreur pour tester différentes méthodes. Une méthode éprouvée ailleurs ne fonctionnera peut-être pas pour votre équipe et il vous faudra alors en essayer une autre ou plusieurs. Cela peut prendre plusieurs mois voire plusieurs années avant de trouver un système optimal. Et encore, celui-ci sera sûrement amené à évoluer en fonction des changements qui auront lieu dans votre entreprise et dans la société.

Il est essentiel de voir le management comme un art en mouvement et non comme une science figée. 1 + 1 feront toujours 2 mais les comportements humains ne sont pas aussi prévisibles qu’une formule mathématique. Appliquer une même méthode en copier-coller d’une entreprise à l’autre sans prendre en compte les facteurs humains et environnementaux revient à considérer les hommes comme de simples machines et à nier leur complexité, et donc leur bien-être.

Comme le précise Michel Berry, la singularité ne sert pas seulement à faire du cas par cas mais permet « la formation d’une culture managériale qui s’articule autour de la mise en commun du singulier. » Le management n’est plus science mais culture, art dont chaque décision est une œuvre.

Si le management est un art, alors laissons parler la créativité. Chaque manager est un artiste qui devra composer une œuvre collective à la manière d’un chef d’orchestre.

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