Finalement, c'est quoi la QVT ?
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Finalement, c’est quoi la QVT ?

Si vous êtes ici à nous lire, il y a fort à parier que la notion de qualité de vie au travail vous soit familière. Mais sauriez-vous la définir si on vous le demandait ? Connaissez-vous tous ses aspects, son histoire, ses possibilités et ses limites ? Car la QVT, ce sont évidemment des espaces de travail confortables ou des chèques restaurant, mais c’est aussi plus que ça. MIEUX vous propose de reprendre les bases et de faire un petit état des lieux.

 

Selon la définition traditionnelle, l’objectif de la Qualité de Vie au Travail, c’est « concilier l’amélioration des conditions de travail et de vie des salariés avec les performances de l’entreprise. » Derrière cette noble mais assez vague idée, une volonté émerge de « prendre soin des salariés ». Pour ce faire, il ne faut pas hésiter à remettre en cause les aspects structurel (espace de travail, ergonomie, équipements…) et organisationnel (auto-évaluation, flexibilité horaire, droit à la déconnexion…) mais aussi les services à la personne (conciergerie, massage, chèques restaurants…) par exemple. L’ensemble de ces services a pour but de réduire le stress, la pénibilité ou les RPS, et ainsi diminuer l’absentéisme. La définition initiale est bien vérifiée : employés en forme = entreprise performante.

Mais la QVT a-t-elle toujours ressemblé à ça ?

 

L’évolution de la notion de QVT

La QVT n’est pas un concept si récent que ça. Son histoire est intimement liée à l’évolution de notre rapport au travail.

Si au début on ne parlait pas de travail mais de survie, l’évolution des cultures et des sociétés a mené le travail vers une spécialisation des métiers. Dès lors, on retrouve des organisations qui définissent les conditions relatives à un métier ou un corps de métier (guildes, ordres, regroupement d’artisans…). Mais pendant longtemps – toute la période de la révolution industrielle notamment, les conditions de travail et la pénibilité furent loin d’être les préoccupations principales.

Au XXe siècle, le travail, comme le travailleur, étaient considérés comme une marchandise. Les conditions sont normalisées, la pénibilité et les abus réduisent, les protections sociales augmentent progressivement… Le travail s’inscrit comme un des piliers du fonctionnement sociétal.

Mais au fil des années, un doute a commencé à s’immiscer dans l’esprit des travailleurs : vit-on pour travailler ou travaille-t-on pour vivre ? Cette question introduit une nouvelle notion, centrale aujourd’hui dans nos vies, celle de l’épanouissement.

 

La QVT aujourd’hui

Respect, reconnaissance, épanouissement, motivation et convivialité. Voici les 5 principes qui résument le mieux la QVT pour les salariés selon un sondage ANACT TNS Sofres réalisé en 2013. En plus de ces problématiques, on trouve aussi celles amenées par les nouvelles technologies comme le droit à la déconnexion ou la conciliation vie privée / vie professionnelle.

La QVT, résolument tournée vers le bien-être des employés, a dépouillé le travail de son sens initial (du latin tripalium signifiant instrument de torture) et déconstruit l’équation : travail/souffrance donne salaire/récompense. Il est permis, et même conseillé, de se sentir bien et épanoui dans son travail !

Mais si la dynamique souffrance / récompense a évolué dans notre rapport au travail, elle reste malgré tout encore présente dans beaucoup d’entreprises.
 

La Qualité de vie DANS le travail

Si la qualité de vie AU travail se concentre sur comment nous le faisons, la qualité de vie DANS le travail se pose la question du pourquoi nous le faisons.

C’est ce que Fabienne Danzé remarquait déjà en parlant de qualité du travail plutôt que de qualité de vie au travail.

Or aujourd’hui, parce que le management moderne s’appuie encore sur le modèle de la carotte et du bâton, le taux d’engagement des salariés est extrêmement faible (11 % en France). Pour que les salariés se sentent engagés, il faut qu’ils se saisissent de leur travail plutôt qu’ils le subissent. C’est le triptyque « confiance-autonomie-responsabilité », base de l’entreprise libérée proposée par Isaac Getz. Celui-ci propose de créer un environnement où les salariés vont pouvoir redéployer leur énergie et leur enthousiasme pour ne pas que leur vie commence quand le travail s’arrête. Là se trouve une réponse à notre question : vivre pour travailler intelligemment, plutôt que travailler pour vivre.

 

Si la QVT a bien évolué, il lui reste encore du chemin à parcourir. Il faut voir en elle, non pas l’amélioration des conditions de travail, mais la redéfinition de notre rapport au travail. Le prochain challenge ? Aller bien au-delà du minimum de la QVT pour un engagement accru des salariés.

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