Innovation et engagement des collaborateurs
la prise de risques (quand elle est bien faite !) est le précurseur de l’innovation.

Master class sur l’engagement des collaborateurs Leçon n° 2

L’innovation doit être une évolution, pas une révolution

La Silicon Valley est souvent citée comme l’exemple ultime en termes d’engagement des collaborateurs. Que ce soit grâce aux vacances illimitées, aux cantines de luxe ou aux espaces sieste et détente, les « campus » de la Silicon Valley favorisent l’engagement de manières diverses et originales : on y célèbre même l’échec ! Pourquoi ? Parce qu’au pays des idées nouvelles, la prise de risques (quand elle est bien faite !) est le précurseur de l’innovation.

Paralysés par la peur de l’échec

Pour augmenter le niveau d’engagement de leurs collaborateurs, les entreprises doivent créer un environnement propice à l’expérimentation constante et à l’apprentissage continu, même si ces expériences se concluent par un échec. Aujourd’hui à l’extérieur du monde merveilleux de la Silicon Valley, ce n’est pas nécessairement le cas. On a en effet tendance à éviter les essais et la prise de risque parce qu’on nous a inculqué que l’échec était le pire des résultats.

Des recherches révèlent que la principale raison pour laquelle les collaborateurs ne prennent pas davantage de responsabilités au travail est la peur d’être tenus responsables des erreurs ou des échecs. Par ailleurs, plus d’un employé sur quatre déclare que commettre une erreur est sa plus grande peur au travail.

« Quand les entreprises grandissent, elles arrêtent d’expérimenter, comme le font les adultes », dit David Gram, cofondateur de Diplomatic Rebels et directeur des investissements Europe chez LEGO Ventures au Danemark. « C’est étrange. Quand on est enfant, on passe son temps à expérimenter, mais dès qu’on devient adulte, on a peur de commettre des erreurs, de se ridiculiser ou de paraître incompétents. »

Pire encore, cette peur coûte très cher aux entreprises. Le stress au travail, qui peut entraîner de graves maladies ou des problèmes de santé, est à l’origine de 60 à 80 % des accidents de travail. Aux États-Unis, le stress entraîne la perte de 550 millions journées de travail par an, ce qui représente plus de 500 milliards de dollars en dépenses de santé.

Déstigmatiser l’échec

Comment sortir de cette culture de la peur pour entrer dans la culture de l’innovation et de l’engagement des collaborateurs qui en découle ? D’après David Gram, un changement de paradigme de grande ampleur est nécessaire. Aujourd’hui, quand les entreprises veulent résoudre un problème, elles commencent par investir de nombreuses ressources et beaucoup d’argent. Cet investissement implique des comités de pilotage, des réunions sans fin, des rapports budgétaires, et on se retrouve soudain avec un projet trop important pour échouer. « Au lieu de ces révolutions », explique David Gram, « il faut procéder de manière évolutive : autrement dit, avec des petits projets pilotes agiles qui permettent de renouer avec cette capacité d’expérimentation, d’exploration et de jeu que nous possédons tous en nous. »

Les experts de l’industrie s’accordent à dire que les avancées ne sont possibles que lorsque l’entreprise accepte le risque de l’échec. Pour instaurer cet état d’esprit dans toute l’entreprise et impliquer les effectifs, tout doit venir du sommet de la hiérarchie.

Une enquête publiée par l’American Management Association indique que 53 % des collaborateurs seraient encouragés à prendre davantage de responsabilités au sein des effectifs si ceux-ci adhéraient à une culture qui favorise la prise de risques raisonnables. De plus, 51 % déclarent qu’ils seraient plus audacieux si l’équipe de direction adoptait elle-même un tel comportement. En résumé, les dirigeants tolérants face à l’échec, qui alimentent une culture de la prise de risque à travers leurs actes et leurs paroles, aideront leur entreprise à sortir de la culture de la peur.  

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