Les meilleures conférences TED sur le travail

Connaissez-vous TED ? Nées en 1984 en Californie, les conférences TED (Technology, Entertainment and Design) ont pour but de diffuser des concepts novateurs, parfois même révolutionnaires, auprès du grand public.
Des milliers d’experts et de personnalités venus du monde entier ont participé et contribué à faire de TED, et de son petit frère TEDx, le rendez-vous des grandes idées pour aller vers un monde meilleur. MIEUX vous a selectionné les meilleures conférences sur le monde du travail et son organisation. Attention, c’est passionnant ! Asseyez-vous, ça commence…

 

Stefan Sagmeister : Le pouvoir du temps libre

 

Stefan Sagmeister est un designer graphique autrichien ayant collaboré avec, entre autres, les Rolling Stones, Time Warner ou encore le musée Guggenheim. Tous les sept ans, il ferme son agence à New York pour prendre une année sabbatique. Si on parle bien de ne pas travailler, on ne parle pas forcément de vacances. Pour tirer le maximum de son temps « off », Stefan s’est imposé un emploi du temps pour développer sa créativité, travailler sur des projets personnels et réfléchir à son avenir. Au final, tous les projets réalisés pendant les sept années de travail suivantes proviennent de sa réflexion acquise durant cette année sabbatique.

Si l’histoire de Stefan Sagmeister est unique, la question de la gestion du temps libre revient régulièrement. Chez Google, les ingénieurs logiciels peuvent consacrer 20 % de leur temps à des projets personnels. En France, ce genre de pratique est encore rare, alors même que l’on sait qu’en travaillant moins, un salarié est plus productif.
Plus important encore, prendre du temps pour soi permet de s’épanouir et donner du sens à son travail. Jonathan Haidt, psychologue social et professeur d’éthique américain, divise le travail en trois catégories : boulot, carrière, et vocation. Sans motivation, le travail se réduit au « boulot ». Tous n’ont pas d’opportunités de carrière, et on sait de toute façon que le montant du salaire d’un employé n’a qu’un impact très limité sur sa motivation ou sa satisfaction au travail. Selon Stefan Sagmeister, casser la routine du travail en prenant le temps de se concentrer sur l’innovation lui a permis de faire de son travail une vocation à nouveau. Depuis 2011, il a changé de formule et a décidé de prendre, tous les ans, trois mois sabbatiques (de janvier à mars). Une modèle à suivre ? Faites-vous votre avis en regardant l’intégralité de la vidéo ci-dessus.

Simon Sinek : Comment les grands leaders inspirent l’action 

« Les gens n’achètent pas ce que vous fabriquez, ils achètent ce pour quoi vous le fabriquez. » C’est LA phrase qui résume la présentation de Simon Sinek, écrivain britannique spécialisé en management et motivation. Il nous explique dans cette conférence ce qui est, pour lui, le secret de la motivation, avec un concept qu’il appelle le cercle doré.

Trois cercles concentriques : Quoi à l’extérieur, Comment au milieu, Pourquoi au centre. Le principe du Quoi est simple : toutes les organisations, entreprises ou personnes savent ce qu’elles font, ce qu’elles fabriquent. Le Comment est l’affaire de quelques-uns : ceux qui ont les compétences techniques, qui connaissent les processus de fabrication, et ce qui les différencie des concurrents. Cependant, peu nombreuses sont les entreprises à savoir pourquoi elles font ce qu’elles font – mis à part pour le profit.

Tout devient clair avec l’exemple d’Apple. Une marque quelconque vend ses ordinateurs (Quoi) et le client devrait vouloir les acheter parce qu’ils sont performants et simples d’utilisation (Comment). C’est le modèle traditionnel, du Quoi vers le Pourquoi. L’entreprise Apple commence d’abord et avant tout par le Pourquoi : « Tout ce que nous entreprenons est pour remettre en cause le status-quo. Nous pensons différemment et nous voulons vous permettre à tous de pouvoir faire la même chose. C’est la raison pour laquelle nous nous concentrons sur la rapidité et la facilité d’utilisation (Comment). Il se trouve aussi que nous faisons d’excellents ordinateurs (Quoi). »

Cette conférence est particulièrement intéressante quand on sait que seul 46 % des entreprises ont défini des valeurs. Ces mêmes valeurs sont les bases la marque employeur et de la réputation, deux facteurs capitaux dans la motivation des salariés. On peut aussi l’appliquer au management en délaissant la position de supérieur, figure de pouvoir et d’autorité, au profit de celle d’un leader que les salariés suivent parce qu’il les inspire.

 

Dan Pink : La surprenante science de la motivation

 

Dan Pink est un journaliste américain et auteur d’ouvrages traitant de l’évolution du monde du travail.

Il commence cette conférence sur la motivation en nous parlant d’une expérience de résolution de problèmes qui oppose deux groupes chronométrés. Il est dit au deuxième groupe que ceux qui feront partie des 25 % les plus rapides seront récompensés. Contre toute attente, ils mettent en moyenne 3,5 minutes de plus à résoudre le même problème que l’autre groupe qu’on a laissé faire à son rythme. Dan Pink explique en fait que si la notion de récompense marche bel et bien, elle a tendance à limiter notre champ de vision et à nous concentrer sur un seul objectif. Elle est donc beaucoup plus adaptée à des tâches basiques ou répétitives mais tue, littéralement, la créativité.

Pour lui, il y a une véritable dichotomie entre ce que la science sait de la motivation et ce que les entreprises appliquent au quotidien. Il faut remplacer le modèle obsolète de la carotte et du baton avec ce qu’il appelle une « motivation intrinsèque ». Celle-ci est basée sur l’autonomie, la maîtrise de son métier et le sens donné à celui-ci. On rejoint ici les deux précédentes conclusions : privilégier les valeurs pour faire du travail une vocation et valoriser l’utilité du temps libre dans une carrière.

 

Isaac Getz : Libérer l’entreprise

 

Plus besoin de présenter Isaac Getz, le père de l’entreprise libérée.

Celui-ci débute sa conférence par un triste constat : en France, 61 % des salariés sont désengagés de leur entreprise, 28 % sont activement désengagés et seulement 11 % sont engagés. Ce qui veut dire que seul 1 salarié sur 9 dans une entreprise contribue à la faire avancer, évoluer positivement. C’est pour ces raisons qu’il faudrait, selon lui, transformer notre manière de manager. Il propose d’abandonner le terme de manager pour devenir ce qu’il nomme des « leaders jardiniers ». Plutôt que d’utiliser la carotte ou le bâton pour faire que leurs « fleurs poussent », ils s’assureraient que celles-ci ont bien tout ce dont elles ont besoin, et offriraient un « terreau fertile à l’épanouissement personnel. »

La différence est notable : un salarié heureux serait 2 fois moins malade, 6 fois moins absent, 55 % plus créatif et 9 fois plus loyal ! L’épanouissement des salariés est capital à leur engagement – qu’ils rechercheront autre part s’il faut. Issac Getz conclue : « Soit vous créez cet environnement où les gens peuvent satisfaire leurs besoins au sein de l’entreprise, et dans ce cas ils vont pouvoir redéployer leur énergie et leur enthousiasme au sein de celle-ci, soit vous avez des salariés qui viennent pour regarder l’heure parce que leur vie commence quand le travail s’arrête. »

 

Découvrez d’autres TED Talks sur monde du travail sur le blog du Worklab.

 

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